Les Rois Mages

On appelle traditionnellement Rois mages (en fait « les mages », dans l'Évangile selon Matthieu) les visiteurs qui, ayant appris la naissance de Jésus, vinrent de pays étrangers lui rendre hommage en lui apportant des présents d'une grande richesse symbolique : or, encens et myrrhe.Il n'est nullement fait mention, dans l'évangile, qu'ils aient été trois, ni même qu'ils aient été rois. Le nombre de trois est supposé du fait que trois cadeaux aient été apportés. Il n'y a absolument aucun nom d'indiqué dans l'évangile, mais la tradition populaire dit que les trois rois Mages se nommaient : -Melchior -Baltazar -Gaspar.

Les mages sont évoqués uniquement par l'Évangile selon Matthieu, mais celui-ci n'en fait pas des rois, ne leur donne pas de noms et ne précise pas leur nombre. Ils sont guidés par une étoile « qui se lève à l'est » (selon la Peshitta). On note que l'étoile Spica (dénommée Al Zimach en arabe, ou Tsemech en hébreu, ce qui signifie « de la branche de David ») est l'étoile qui, en l'an 2 av.-J.-C., se lève exactement à l'est le jour de l'équinoxe de printemps. Ce phénomène, dû à la précession de l'axe polaire autour d'un axe imaginaire tous les 25 900 ans, était déjà connu des astronomes du Moyen-Orient. L'étoile les guide donc jusqu'au lieu de naissance de Jésus. Ils offrent des cadeaux au Christ :

« Ils entrèrent dans la maison, trouvèrent l'enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils l'adorèrent ; puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent des présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe. » (Matthieu, II:11.)

Matthieu signale aussi que ces mages venaient d'Orient. Il devait donc s'agir de membres d'une classe sacerdotale importante, comme il en existait alors chez les Perses, ayant à la fois un rôle politique, religieux et scientifique. Autrement dit des païens, ou plutôt des gentils, comme on les appelait alors, ou bien, considérant leur origine, des zoroastriens

 

Le texte de l'Évangile ne mentionne pas le nombre de ces mages mais énumère trois cadeaux apportés par eux (or, encens et myrrhe). Selon une interprétation théologique traditionnelle, ils se rapportent à trois aspects de Jésus, qui est fils de Dieu (l'or ce qui est le plus précieux pour Dieu), qui est Prêtre (l'encens, utilisé pour le culte, parler avec Dieu ce que font tous les enfant de Dieu), mais qui est aussi véritablement homme, et donc lié a l'amour de la vie sur terre (la myrrhe servait à embaumer les morts, lave les souillures qu'implique la vie dans la chair, comme un baume de vie éternelle).

Les rois mages venant adorer le Christ peuvent symboliser la reconnaissance du christianisme comme religion conforme à la Tradition primordiale (à l'origine de toutes les religions) : les mages venant d'Orient représentent les trois pouvoirs : pouvoir royal (l'or), pouvoir sacerdotal (l'encens) et pouvoir spirituel (la myrrhe). Ces trois pouvoirs correspondent aux trois mondes représentés par les trois couronnes sur la tiare de saint Pierre. Les mages se prosternant devant le Christ signifient que les trois pouvoirs reconnaissent l'orthodoxie du christianisme par rapport à la Tradition primordiale.

 

D’après l’Évangile arabe de l’Enfance (6, 1), les mages, de retour chez eux, jettent dans un feu sacré un lange de l’Enfant-Jésus offert par Marie. Le feu qui, selon leurs coutumes, purifie tout ce qui impur, laisse le lange intact. Ce récit signifie le triomphe du christianisme sur le culte zoroastrien.

Selon saint Jean Chrysostome (344-407), patriarche de Constantinople, les mages auraient été baptisés par saint Thomas lors de son déplacement en Inde.

Une légende du XIIe siècle faisait du Prêtre Jean, légendaire souverain chrétien d’un puissant royaume oriental, le descendant d’un des rois mages.

En revenant de Palestine, Balthazar se serait arrêté aux Baux-de-Provence, dans le sud de la France. Les seigneurs des Baux le tenaient pour leur ancêtre, portaient sur leur blason une étoile d’argent et leur cri de guerre était : « Au hasard, Balthazar ! »

Au XIXe siècle encore la mystique rhénane Catherine Emmerich eut toute une série de visions qui lui révéla de nombreux détails inconnus et savoureux sur la vie des rois mages. Le texte en est en ligne[

 

Après la défaite et la démolition de Milan en 1162, les restes des rois mages auraient été transportés par Rainald von Dassel en 1164 de Milan à Cologne, où ils sont depuis proposés à la vénération des fidèles dans une châsse en or dite châsse des rois mages, exposée dans le choeur de la cathédrale. Dans toute la suite du Moyen Age on les a donc appelés les "trois rois de Cologne". La Légende dorée de Jacques de Voragine résume les croyances du temps: Sainte Hélène, mère de l'empereur Constantin Ier, avait retrouvé ces reliques vers 330 et les avait transportées à Constantinople, d'où elles avaient été transférées à Milan par l'évêque saint Eustorge, avant d'aboutir à Cologne, sur ordre d'un empereur germanique que Jacques de Voragine appelle Henri.

Quant aux présents que les rois mages auraient fait à l'Enfant, ils seraient actuellement conservés au monastère Saint Paul du Mont Athos, dans un reliquaire en or du XVe siècle. Il a été donné au monastère au XVe siècle par Mara, fille du prince serbe Đurađ Branković (1428-1456), épouse au sultan ottoman Murat II et marraine de Mehmet II, le conquérant de Constantinople. Il s'agit apparemment de reliques conservées et vénérées à Constantinople depuis le IVe siècle. En 1999 ils ont été exposés à la vénération des fidèles à Athènes dans le cadre d'une collecte en faveur des victimes du tremblement de terre.

 

La visite des mages est célébrée à la date du 6 janvier, jour de l'Épiphanie. Ce jour-là, dans plusieurs pays d'Europe, on partage la galette des rois.

Une légende russe raconte que le quatrième roi mage serait le père Noël. En Finlande, on raconte aussi que le père Noël est ce quatrième roi mage qui offre des cadeaux aux enfants car, trop au nord de la planète pour voir l'étoile du Berger à l'époque, il n'aurait jamais atteint Bethléem. En Espagne, ce sont également les rois mages qui apportent des cadeaux aux enfants.

 

Sources: